Chanter, c’est
prier deux fois ! TEMOIGNAGE D’UN STAGIAIRE
Ce dimanche 25 Janvier, dispositif inhabituel à l’église
St Didier de Voreppe : la messe est animée par le Père André GOUZES,
dominicain, qui dirige un chœur d’environ cent cinquante choristes. Ils sont
venus de toute l’Isère et des départements voisins pour un stage de deux jours
qu’accueille le monastère des Clarisses de Voreppe. Dans quel but ? Se
familiariser avec la Liturgie du Peuple de Dieu composée, depuis une
trentaine d’années, par le P. GOUZES lui-même, et mise en œuvre de manière
ordinaire en l’ancienne abbaye cistercienne de Sylvanès,
dans le sud du département de l’Aveyron, qu’il a contribué à restaurer.
Beaucoup moins loin de nous, les moniales des couvents Saint Dominique de Chalais
et Sainte Claire du quartier de Racin ont coutume
d’offrir les chants liturgiques en français du P. GOUZES aux personnes qui
participent à la messe ou aux vêpres chez elles.
Pour ceux qui sont déjà passés à Sylvanès
– et c’était le cas pour bon nombre de participants au stage des 24/25 Janvier
- le souvenir d’un office célébré dans la superbe et austère église de l’abbaye
éveille des échos puissants, autant par la simplicité de l’acte liturgique
lui-même que par la qualité des chants polyphoniques qui remplissent l’espace
et comblent les attentes d’intériorité. C’est sans doute pour cela qu’ils
avaient répondu avec enthousiasme à l’annonce de la session du P. GOUZES.
Peut-être espéraient-ils recréer dans nos montagnes du Dauphiné la magie de la
liturgie ressentie dans la campagne profonde du Rouergue ? Et puis, quelle
chance de former un chœur animé par le créateur lui-même de cette œuvre
considérable que constitue la Liturgie du Peuple de Dieu !
Effectivement, ces attentes plus ou moins formulées n’ont
pas été déçues. Le P. GOUZES s’est montré ferme et précis dans sa direction,
tout en déployant une dynamique gestuelle impressionnante et en soutenant les
parties les moins assurées de sa voix superbe ; à l’occasion, en
détendant l’atmosphère d’un bon mot qui traduisait ses origines, revendiquées,
de paysan sud-auvergnat. Surtout, ce qui
impressionnait le plus, c’était sans doute son immense culture qui laissait
pressentir qu’en lui confluent de multiples et anciennes traditions – grecque,
syriaque, copte, byzantine, roumaine, ukrainienne, russe… – pour qui l’acte
liturgique, par la célébration de la Parole de Dieu dans la beauté, est le
fondement de la vie chrétienne du Peuple de Dieu, et s’interdit donc de
le décevoir. Et cette conviction, loin de limiter nos perspectives aux
dimensions de nos communautés, les élargit au contraire à la mesure de
l’histoire en marche de toutes les nations. Alors, c’est vrai, chanter c’est
prier deux fois !
Merci, Père GOUZES, pour nous avoir permis de respirer
cet air des hautes altitudes.
Remarque :
Le P. GOUZES a retracé son itinéraire dans l’ouvrage « SYLVANES,
histoire d’une passion », (130 pages) édité en 2001 chez Desclée de Brouwer.
Jean-Marie
MICHEL