« Vous qui
entrez ici, retrouvez toute espérance ! ».
Orphée,
arrivant devant les enfers, où il retourne chercher la belle Eurydice, qui lui
a été arrachée le jour des noces, est averti : « Ici abandonnez toute espérance ! ».
Je
pensais qu’il serait intéressant à l’aube de cette nouvelle année d’inscrire
sur le fronton virtuel de ce site internet :
« Vous qui entrez ici, retrouvez toute
espérance ».
Ainsi,
toute personne qui arriverait sur ces pages saurait que quelques pas plus loin,
elle serait en marche vers Celui qui est qui était et qui vient.
Mais
auparavant, j’ai voulu en savoir un peu plus sur ce mot, et consultant le
« Vocabulaire de Théologie Biblique », renonçai
(temporairement !) à éplucher ici en détails les 5 pages consacrées à ce
mot.
Dans
la rubrique des significations de mon ordinateur, il y a 13 propositions pour
ce mot.
« Aspiration
assurance prévision confiance certitude attente conviction croyance espoir
désir foi illusion expectative »
Bizarrement, -signe que mon ordinateur n’a pas la foi- on
n’y trouve pas l’ingrédient principal de l’espérance qui est l’Amour. Oui,
l’amour de Dieu, l’amour des autres, qui mène à l’amour pour les autres.
Aspiration. Au dix neuvième siècle, de nombreux
musiciens ont écrit des pièces intitulées « Aspiration religieuse » ; je ne sais pas ce que cela peut
être vraiment. Une espèce de tension vers le ciel sans doute, mais tout de même
non exempte de frustration puisque mon ordinateur le met dans la rubrique
espérance. Quand on espère quelque chose, on ne le possède pas encore. Un peu
comme le « pas encore et le déjà là » du Royaume à venir.
Prévision. Bon, la météo nous fait des prévisions,
tout comme l’analyste financier. Ici pas de place pour Dieu.
Confiance. Marcher avec confiance, attendre avec confiance
la venue du Sauveur, dire avec confiance la prière qu’il nous laisse. « Notre Père qui es aux cieux… »
Certitude. Ah oui, c’est sûr : « nous attendons ta venue dans la gloire ! »
Attente. C’est le temps de l’Avent. Mais aussi un
désir qui peut être long: « j’attends
que ma belle-mère me fasse un sourire ». Noël, on en connaît la date.
Conviction. Ne pas en manquer, mais tenter de la
faire partager, c’est plus difficile.
Croyance. « Le Père tout puissant, créateur du ciel et de la terre… ».
Vous savez la suite.
Espoir : à mettre dans le Seigneur pour être
sûr de sa parole.
Désir : « Voici le temps d’un long désir ». Le désir c’est toujours
l’avant…gare à l’après !
Foi. « Mon
Dieu je crois fermement ». Les anciens se souviennent de l’Acte de
Foi.
Illusion, et
expectative : Pas pour nous, car pas beaucoup d’espérance
dans ces deux mots.
Assurance. Là, hormis l’aspect « garantie et dommages »
habituellement associées à ce mot, je vois mieux : marcher avec assurance.
Etre assuré d’aller au ciel. Là le ciel s’éclaircit un peu. Avec la foi, on est
rassuré.
J’aime
le psaume 22, on marche avec assurance, guidé par le Seigneur .
Le
voici en entier ; il dira toute cette joyeuse espérance que 2008 pourrait
nous offrir. Cette espérance faite de choses simples.
Le Seigneur est
mon berger :
je ne manque de rien. *
Sur des prés
d'herbe fraîche,
il me fait reposer.
Il me mène vers
les eaux tranquilles
et me fait revivre ; *
il me conduit par le juste chemin
pour l'honneur de son nom.
Si je traverse
les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal, *
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure.
Tu prépares la
table pour moi
devant mes ennemis ; *
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.
Grâce et bonheur
m'accompagnent
tous les jours de ma vie ; *
j'habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.
Gardons
le en viatique, car il porte en lui à la fois tout ce que nous pouvons désirer,
et tout ce qui nous est promis.
L’antienne
dit : « Le Seigneur est
mon berger, rien ne saurait me manquer ».
Ce
qui nous rappelle que pour que rien ne nous manque
dans le Royaume, rien ne doit manquer à personne ! On pourrait y veiller.
L’autre
antienne dit : « Près de
toi, Seigneur, sans fin nous vivrons ».
Certes,
l’espérance est là, pour la vie éternelle. Mais on pourrait aussi proposer de
mettre déjà ici-bas cette espérance-là, et veiller à sa mise en application
toute l’année : oui, « Près de
toi, Seigneur, nous vivrons ».
Ainsi, nous nous rappellerions de notre baptême qui a fait de nous des Prêtres , des Prophètes et des Rois. En vivant
concrètement notre mission de chrétiens, et en équilibrant ces trois aspects de
notre vie, nous pourrions faire de 2008, une année pleine d’espérance.
Car,
pour un chrétien, vivre concrètement sa prière et la,mettre
en application, mène toute personne à recevoir cette grâce et ce bonheur qui
l’accompagnent tous les jours de sa vie.
Alors
nous habiterons tout de suite, la maison du Seigneur, et ce, pour la durée de
nos jours.
De
cette façon, nous ferions hâter le temps, de la venue dans la gloire de celui
que nous attendons.
Ainsi,
occupés à redonner l’espérance à ceux qui en manquent, nous gagnerions plus.
Mais
en Royaume.
Et,
curieusement, plus cela viendra vite plus l’espérance grandira …tout en diminuant
dans les mêmes proportions.
Oui,
« Viens Seigneur Jésus » !
Bonne Année 2008 par Dominique Joubert / Diacre Permanent