Super ou ordinaire ?
Le
temps liturgique correspond bien à ce que peuvent être nos vies ; super,
ou ordinaires.
Mais,
ne nous y trompons pas, le temps liturgique, qui sanctifie le temps, sur toute
la terre, et à tout moment, malgré son nom nous mène dans le super ( qui signifie au-dessus). Et dans le « super » »,
nous nous rapprochons de Dieu.
Avant
d’être appelé par l’Eglise au diaconat, je prêtais assez peu d’attention au
développement de l’année liturgique, me laissant porter par ce que je trouvais
à la messe, et sans trop relier les dimanches les uns aux autres, sauf
évidemment, dans les « grands » temps. La fréquentation de la
Liturgie des Heures en semaine, m’a amené à découvrir tout un monde insoupçonné,
et donné l’appétit de connaître tous ces saints moins connus, et toute cette
vie souterraine de l’Eglise. Je devrais dire sous-marine, car s’y trouve toute
une population presqu’invisible comme le sont les
petits animaux marins qu’on voit dans les rochers à marée basse. Et,
finalement, la découverte de tous ces personnages anciens ou modernes, sur
lesquels l’Eglise se construit est d’une richesse incroyable, et devient une
nourriture dont on ne peut se passer. Puis, progressivement, vient le goût d’en
savoir plus, de lire des écrits, des sermons, des chroniques ou des lettres, et
de fréquenter de plus près, St Hiliare de Poitiers ou
St François de Sales ; il faudrait plusieurs vies pour tout aborder. Et c’est
là que l’ordinaire nous mène au super, tout comme les dimanches ordinaires nous
amènent à voir l’extraordinaire du Christ.
Voici
que prend fin cette chronique axée sur le temps liturgique, chronique qui a
commencé en mars 2006, avec le début du carême. Elle se terminera avec le
carême 2007 qui commencera le mercredi 21 février avec les Cendres. Au fait,
ceux qui savent compter verront que du 21 février à Pâques cela fait 44 jours
et non 40. C’est peut-être une manière de rappeler que le dimanche (chaque dimanche),
on célèbre Pâques, et on rompt le jeûne : ce qui veut dire qu’on fait la
fête !
Examinons
encore une fois, le calendrier (non pas celui des postes qui a gardé l’ancien
régime !).
Le
Temps Ordinaire a commencé le mardi 9 janvier, après le Baptême du Seigneur, et
rien de spécial n’a suivi, sauf le 12 en rouge St Ferjus
evêque martyr de Grenoble, le 13, St Hilaire de Poitiers
(auteur d’un beau traité sur la Trinité). Le 15 St Rémi, le 17 St Antoine, le
22 en rouge, St Vincent, diacre, patron secondaire du diocèse de Grenoble et
aussi patron des vignerons…
Grenoble
continue la fête avec, en blanc le 23 Sts Barnard et Thibaud, évêques de
Vienne. Le mercredi 24 fête en blanc de St François de Sales, qui précède la
conversion de St Paul (« Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? »),
et on garde le blanc pour Sts Timothée et Tite, évêques.
Le
mois de janvier s’achève en blanc avec St Jean Bosco.
Février,
commence avec, le 2, la Présentation de Jésus au Temple et la lecture de ce bel
évangile du vieillard Syméon, dont la prière conclut tous
les jours la prière du soir, à complies : « Maintenant Ô Maitre souverain tu peux laisser ton serviteur s’en aller
en paix, selon ta parole, car mes yeux ont vu le salut que tu préparais à la
face des peuples : lumière qui se révèle aux nations et donne gloire à ton
peuple Israël ».
Vient
la ste Agathe en rouge le 5 et, Sts Paul Miki et ses compagnons le lendemain martyrisés en Asie,
le10 Ste Scholastique en blanc et le 14 toujours en blanc Sts Cyrille et
Méthode, patrons de l’Europe. Grenoble reprend le rouge le 17 avec St François
Clet.
Sanctifier
le temps qui est de Dieu, offrir chaque minute du monde pour la gloire de Dieu
et aussi notre salut, dans une prière qui ne s’arrête jamais sur toute la
terre. Voilà une place à prendre, qui rend humble et évite à l’ego de trop
enfler, en ces périodes de campagne présidentielles. A ce propos, avez-vous lu
le magnifique texte des évêques : « Qu’as-tu fait de ton frère ? »,
qui aide à la réflexion et incite à l’engagement dans le monde, y compris
politique. Ce pourrait être une belle suite à donner à la prière, car les ensemble, la prière et l’engagement au service sont tous
les deux pour la gloire de Dieu et le salut du monde.
C’est
là-dessus que je vous quitte, mais reviendrais de temps en temps pour un
billet.
Dominique Joubert / Janvier 2007
Diacre permanent…
…du diocèse de Valence, mais dont la mission
s’effectue la où je suis.
Ce
qui veut dire que je n’appartiens à personne, seulement à Dieu, et au service
de toute l’Eglise, dans le cadre de la mission confiée à mon ordination, en
accord avec le diocèse de Grenoble ; Heureusement, sinon j’aurais l’impression
d’être une taupe d’une église ennemie…Dieu nous en garde !