Noël !

 

Toute personne connaît ce mot.

Et toute personne y associe la fête.

A tout moment important et joyeux, l’homme fait la fête.

Ici la promesse de Dieu de ne plus être seul dans son ciel se réalise.

Et le plus simple pour lui est de venir avec nous.

La fête est celle des hommes autant que celle de Dieu car, nous accueillons l’enfant de la crèche ; mais l’enfant de la crèche au même instant nous accueille aussi.

Deux mille ans ce n’est pas beaucoup pour faire connaissance.

Il faut s’apprendre et s’apprivoiser.

Depuis qu’il est venu, Dieu a changé : il a sans doute enfin compris qu’être homme est difficile.

Son passage parmi nous a changé la vision qu’il avait de nous, et il a tellement changé qu’à Pâques, il nous a emmenés avec Lui. .

Il nous avait créés à son image ; il aurait dû nous connaître !

Mais, imaginer est une chose, partager en est une autre.

Après avoir vécu parmi nous, il nous a laissé un message fort que tout le monde connaît :

« Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ». Facile à dire !

Si l’on veut que Dieu ne se retrouve pas seul, là-haut, et ici, nous non plus, avec seulement des souvenirs, Noël qui est le moment renouvelé de sa venue, rappelle que notre passage en ce monde est lié à l’attention à nos frères : ceux que l’on connaît et ceux que l’on ne connaît pas.

Quand on est occupé à s’entre aider, on n’a pas envie de se faire la guerre. Et, alors les messages flashants envoyés par nos grandes surfaces favorites, nouveaux « temples » auto-proclamés, trouveront une autre saveur. Noël sera vraiment « magique  » « de rêve » ou « merveilleux » (comme disent leurs pubs) car nous tournerons nos regards vers un plus petit que nous, sans oublier que nous sommes aussi le plus petit de quelqu’un.

Celui-là, homme, image de Dieu, visage du Christ nous sourira et ce sera le plus beau cadeau que nous recevrons : car il ne se consomme pas.

 

Ce temps liturgique est, là encore, coloré. Le blanc, couleur de la lumière, qui rassemble toutes les autres, va être d’actualité, et majoritaire. La première semaine clignote entre blanc et rouge, avec la St Etienne et la St Jean. St Etienne est le premier diacre et martyr, c’est-à-dire, qui représente le Christ serviteur (le diacre est configuré au Christ serviteur). Cette fête à mon sens, répond à celle du Christ Roi, qui termine l’année liturgique. En effet, tout de suite après la venue du Sauveur, la liturgie nous rappelle que ce Dieu d’humilité, né humblement, n’est pas un roi doré et couronné exerçant sa « toute puissance », mais un roi serviteur, qui va lui-même, par amour, jusqu’au martyre. St Etienne serviteur martyr, a bien sa place dès le 26 du mois de décembre car il dit bien le projet de Dieu. Puis vient l’alternance entre St Jean Apôtre, et bien entendu les Sts Innocents, qu’on passe de plus en plus sous silence, alors que dans le monde meurt un grand nombre d’enfants innocents, victimes des guerres et de la stupidité des adultes. Je suis toujours frappé par cette indifférence des médias qui annoncent entre résultats sportifs et résultats boursiers, que tant d’enfants ont trouvé la mort (ou ont été blessés) dans tel ou tel attentat, sans autre forme de procès…mais la souffrance de ces petits-là, ne devrait-elle pas être mise en gros titres tellement elle est révoltante ?

Puis vient la Ste Famille, qui n’est pas le temps où l’on vient faire admirer celui qui a la plus nombreuse, mais, contempler le Verbe fait chair : « Il ne faudrait cependant pas nous en tenir à une vision réduite et parfois moralisatrice qui nous invite d’abord à contempler le mystère de Jésus. (…) Déjà dans la première lecture, Anne, comblée à cause de sa foi, vient rendre au Seigneur l’enfant qu’Il lui a donné. Quant à l’Apôtre Jean, il nous rappelle que toute existence chrétienne se fonde sur la foi au Christ et l’amour des autres (deuxième lecture).

Cette fête de la Sainte Famille est une invitation à laisser, dans la foi, le Christ vivre en nous le mystère de sa relation au Père, c’est-à-dire le mystère pascal où se révèle l’amour dont le Père nous comble. » (Missel des dimanches 2007 page 113).

Relire l’année liturgique est toujours intéressant, c’est la cas pour le 1er janvier qui est consacré à Marie Mère de Dieu ; mais il convient de souligner un « détail » souvent oublié, cette fête est la Journée mondiale de prière pour la paix. En l’oubliant, on passe à côté de l’essentiel.

Viennent tout de suite après, deux Pères de l’Eglise : St Basile le Grand et St Grégoire de Naziance. Il peut être intéressant de relire les écrits des Pères de l’Eglise, qui sont de précieux documents sur le début de l’Eglise, et qui relativisent les difficultés de notre temps, et que les grandes questions qui agitent nos pensées ne sont presque rien par rapport à celles qu’avaient à résoudre nos lointains prédécesseurs… ! (On peut lire l’excellent ouvrage de Bernard Sesboüé : « Jésus-Christ dans la tradition de l’Eglise » chez Desclée).

Continuons le temps liturgique, le 3 le Saint Nom de Jésus et la Ste Geneviève, puis l’Epiphanie du Seigneur, qui nous permet de méditer et comprendre que la manifestation du Dieu fait homme est pour tous les hommes. Ce qui ne veut pas dire que nous repartons en croisade, mais nous amène à nous interroger sur la manière dont, à notre tour nous annonçons la Bonne Nouvelle, non par affirmations dogmatiques, mais par contagion.

 

Le lundi 8 est le jour où nous fêtons le Baptême du Seigneur, et là prend fin le Temps de Noël.

 

 

Dominique Joubert

Diacre permanent