On se met au vert !

 

 

Certes mais pas tout de suite…

Après l’Esprit de Pentecôte, qui s’est manifesté en rouge, nous allons osciller sans cesse du vert au blanc, un peu comme si Pâques cédait avec regret la place au temps ordinaire.

Le blanc, couleur des ressuscités, replendissants de joie, illuminés par le Christ lumière. Nous venons de marcher 50 jours pétris de cette extraordinaire espérance qui nous a affranchis de la mort éternelle.

Mais doucement nous retrouvons le temps ordinaire. 

Les effets de Pâques sont encore présents ! Le blanc doit encore nous dire la Trinité (11 juin) puis le Saint Sacrement. Non, vraiment nous n’en avons pas fini avec le Christ et sa mission divine parmi nous.

L’Ascension marquait la fin de la présence du Christ fait homme sur la terre, avec déjà, cette annonce de la Pentecôte : « pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ? ». En effet, ce n’est pas en regardant le ciel que l’homme trouvera son Seigneur, mais bien dans la rencontre de ses frères humains ; pour cela, Dieu lui donne la force nouvelle le dimanche de Pentecôte ; et quelle force ! « Ils sont pleins de vin doux » disaient les témoins !

 Pentecôte et les sept dons de l’Esprit-Saint envoyait les hommes achever ce qui doit l’être, avec la certitude que nous sommes sauvés par ce Dieu qui s’est fait proche de nous et ne nous laisse pas seuls (« et moi je suis avec vous jusqu’à la fin du monde » Mt 28, 20, évangile de la Trinité).

 

Au fait les 7 dons ? c’est quoi ?

Sagesse, intelligence, conseil, force, science, piété filiale, crainte de Dieu. *

Ah la crainte de Dieu ! combien de litres de salive n’a-t-elle pas fait couler… encore pire que le Dieu « tout puissant » du Credo.

Il serait temps de cesser les conversations d’arrière salle de bistrot sur ce sujet et ne pas en faire une interprétation ou une lecture au premier degré qui est porte ouverte au fondamentalisme voire à l’intégrisme, et surtout qui nous éloigne de l’essentiel en brouillant les cartes. La fameuse « crainte de Dieu » n’est en fait que la reconnaissance d’un Dieu capable d’amour qui dépasse l’homme, et donc fait de Dieu en cela (et cela seulement), ce « tout puissant » le latin disait « omnipotens » (vous vous souvenez : dans le Credo III), qui a donné « omnipotent » c’est à dire capable de tout faire. Mais ce tout est amour et justice. Car Dieu seul est capable de vraie justice (rien à voir avec les balances de l’archange, et le Dies Irae !).

C’est pouquoi, cette crainte est à prendre au sens de mettre sa confiance totalement dans celui qui peut tout pour nous.

A la fête du Saint-Sacrement (c’est son nom !)le 18 juin, qui est une solennité, voilà que nous sommes capables de communier au même pain et au même vin dans lesquels nous reconnaissons le même Corps et le même Sang. Ce temps est celui qui est la connaissance du mystère révélé, et moyen d’unir tous les hommes entre eux avec le Christ. En effet ce n’est pas un acte magique (car tout se déroule sous nos yeux à la messe), ni l’adoration de notre nombril qui sont célébrés, mais bien en un signe tout petit qui se présente sous forme d’hostie, et qui concentre tout ce qu’est Dieu pour nous et nous rassemble en un seul Corps.

Rassasiés, nous partons dans le monde pour retrouver l’humanité (« Allez dans la paix du Christ »). Et c’est là que tout commence : le temps ordinaire, qui est chaque dimanche une présentation de tout l’extraordinaire du Christ (ce que nous dit encore Matthieu 28 : « Allez de tous les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du saint Esprit ; et apprenez-leur à garder tous les commandements que je vous ai donnés. Et moi je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. »

L’été peut commencer, et nous, avec les vacances, aller rencontrer d’autres frères, pour le bien du Corps entier,  et nous mettre au vert !

 

*Au fait avez-vous lu la Séquence de Pentecôte « Veni Sancte Spiritus », (souvent la réponse est « non ça rallonge la messe »…-un peu court comme moyen de catéchèse-…) elle se place après la deuxième lecture et s’enchaîne sur l’Alléluia.

La voici :

 


Viens, Esprit Saint, en nos coeurs,

et envoie du haut du ciel

un rayon de ta lumière.

 

Viens en nous, Père des pauvres,

viens, dispensateur des dons,

viens, lumière en nos coeurs.

 

Consolateur souverain,

Hôte très doux de nos âmes,

adoucissante fraîcheur.

 

Dans le labeur, le repos ;

dans la fièvre, la fraîcheur ;

dans les pleurs, le réconfort.

 

O lumière bienheureuse,

viens remplir jusqu’à l’intime

le coeur de tous tes fidèles.

 

Sans ta puissance divine,

il n’est rien en aucun homme,

rien qui ne soit perverti.

 

Lave ce qui est souillé,

baigne ce qui est aride,

guéris ce qui est blessé.

 

Assouplis ce qui est raide,

réchauffe ce qui est froid,

redresse ce qui est dévié.

 

À tous ceux qui ont la foi

et qui en toi se confient,

donne tes sept dons sacrés.

 

Donne vertu et mérite,

donne le salut final,

donne la joie éternelle.

Amen ! Alléluia !


 

C’est bien cela : « donne la joie éternelle » !

Oui ! Amen !Alléluia ! Il est vraiment ressuscité !

 

Que cette espérance, (que la tradition attribue habituellement au vert), nous transporte de joie dans toutes les rencontres de l’été.

 

Dominique Joubert

Diacre permanent.

 

Ps on parlera du Sacré-Cœur (23 juin) une autre fois !