J’ai
vu l’eau vive…
Alléuia ! Nous quittons les
vêtements de couleur violette pour entrer durant plusieurs semaines dans les
vêtements de fête ; après quarante jours de Carême, au désert, nous voici
prêts à en vivre cinquante de joie, revêtus du blanc qui est la couleur des
ressuscités, et ce, jusqu’à la Pentecôte.
A la vigile pascale, la fine lame de lumière du
cierge pascal a fendu les ténèbres. Elles ne peuvent plus désormais se
refermer.
La séquence de Pâques « Victimae
Paschali Laudes », porte en elle ces éléments
d’espérance :
A la victime pascale, chrétiens, offrez le sacrifice de louange.
L’Agneau a racheté les brebis ; le Christ innocent a
réconcilié l’homme pécheur avec le Père.
La mort et
la vie s’affrontèrent dans un duel prodigieux.
Le Maître de
la vie mourut ; vivant il règne.
« Dis-nous,
Marie-Madeleine, qu’as-tu vu en chemin ? »
« J’ai
vu le sépulcre du Christ vivant, j’ai vu la gloire du Ressuscité.
J’ai vu les
anges ses témoins, le suaire et les vêtements.
Le Christ,
mon espérance, est ressuscité !
Il vous
précèdera en Galilée. »
Nous le
savons : le Christ est vraiment ressuscité des morts.
Roi
victorieux,
Prends-nous
tous en pitié !
Amen ! Alléluia !
Nous vivrons concrètement ce temps de grâce, avec
ce beau geste prévu par la liturgie pascale qui est l’aspersion qui nous fait
partager la victoire du Christ sur la mort : « Tous ceux que lave
cette eau seront sauvés et chanteront Alléluia ! ». Durant sept
dimanches, nous recevrons cette eau du baptême qui jaillit directement du cœur
du Christ, devenu la pierre d’angle.
A la messe l’anamnèse redira dans sa triple
acclamation cette joie pascale : « nous proclamons ta mort, nous
célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire ».
Et sans doute, tout à notre joie pascale,car « sauvés des mêmes eaux », nous
aurons à continuer les œuvres solidaires mises en route au temps du Carême, car
le temps liturgique change, et notre cœur illuminé de joie nous donnera le
sourire propre à favoriser les rencontres. Car cette espérance est si forte que
nous devons la partager. Illuminés et lavés par l’eau de la naissance, nous
porterons en nous ce blanc immaculé : qu’il apparaisse sur nos
visages ; ce sera plus facile pour porter la Bonne Nouvelle aux pauvres
que nous trouvons tous les jours sur nos routes.
Dominique Joubert / Pâques 2006
Diacre permanent