Regroupement à Parménie
du 01/10/ 2005 ‘la célébration
Eucharistique’ par Sœur Geneviève Roger
-Il
me plait de prendre pour trame ce que St Justin, philosophe païen
converti et décapité à Rome vers 165, adresse à l’Empereur Antonin, comme
plaidoyer en faveur des chrétiens…Il y raconte comment se déroule leur culte
dans les communautés de Rome.
-« le jour qu’on appelle jour du soleil, tous
dans les villes et à la campagne, se réunissent dans un même lieu ;
On lit
les mémoires des Apôtres et les écrits des prophètes. Quand la lecture est
finie…
Celui qui préside fait un discours pour avertir et
exhorter à l’imitation de ces beaux enseignements.
Ensuite, nous nous levons et nous prions
ensemble à haute voix.
Puis on apporte du pain avec du vin et de l’eau.
Celui qui préside fait monter au ciel les prières et les ‘Eucharisties’ et tout
le peuple
Répond par l’acclamation :
Amen ! Puis a lieu la distribution
et le partage des choses consacrées à chacun et l’on envoie leur part aux
absents par le
ministère des diacres. Ceux qui sont
dans l’abondance et veulent donner, donnent librement. Ce qui est recueilli est
remis à celui qui préside et il assiste,
les orphelins, les veuves, les malades, les indigents, les prisonniers, les
hôtes étrangers… »
-Nous
avons sous les yeux le déroulement de toute Eucharistie.
-En un lieu, nous nous assemblons…………………Entrons
-On lit à haute voix …………………………………Ecoutons
-On apporte les offrandes, qui sont
sanctifiées…..…Célébrons
-On porte aux absents……………………………….Allons
-Entrons : le temps du
rassemblement :
-Accueillis parce
qu’invités, ‘convoqués’ (au sens de Josué à Sichem) :
-Il y a donc un Invitant à chaque Eucharistie et
nous l’affirmons dès le début de la célébration :
Au
Nom du Père, et du Fils, et du Saint Esprit.
-Nous sommes convoqués par
rien moins que la Trinité et à cet Invitant nous répondons AMEN, ce
qui veut dire : ‘c’est du solide ce qui vient d’être affirmé’, et je
m’appuie dessus, ça ne s’écroulera pas. (c’est
plus fort que le c’est d’accord !).
Nous
affirmons notre rassemblement au Nom de Jésus, Dieu fait homme, mort
et ressuscité, c’est un peu comme au début des Actes des Apôtres « Au
nom du Seigneur Jésus ». Et c’est le prêtre qui affirme ce : Au
Nom du Père et du Fils et du Saint Esprit. Il est dans l’Eglise animée par
l’Esprit de Dieu, le signe que nous recevons tous et chacun d’un autre, et que
l’invitation à l’Eucharistie vient d’un autre que nous.
-Accueillis dans notre
diversité :
-Songeons à l’assemblée dominicale de notre
paroisse… celle du Synode… d’un ‘pelé’ à la Salette…Lourdes…
des JMJ, d’un groupe rassemblé pour une cession…etc…
Quelle diversité ! sexes, âge, conditions sociales, éducation, langues,
préoccupation, nous sommes si divers que nous sommes parfois divisés, opposés,
ennemis, souvent côte à côte. Et nous sommes appelés à devenir un peuple.
-Accueillis marqués de la
croix de Jésus :
-Notre unité vient de Celui-là Jésus et
depuis notre baptême nous sommes marqués de son sceau. ‘Soyez marqués tout entier du signe de la croix’, tête(pensée), cœur(tripes), épaules(faire). Si nous sortions ce signe de la banalité,
nous sommes tellement habitués !
-Accueillis
tels que nous sommes : (rite pénitentiel)
-Jésus a confié son Eglise à Pierre qui avait
renié…aux premiers membres de l’Eglise
remplis de peur…
Alors
allons à Dieu tels que nous sommes puisqu’Il nous
accueille ainsi ; chacun de nous est invité au début de l’Eucharistie à
reconnaître son péché devant Dieu, les frères, et à demander à Dieu, aux frères
et aux autres de soutenir sa démarche de conversion.
Nous
sommes un peuple de pécheurs pardonnés ! Ainsi rassemblés, ce
peuple se tourne résolument vers Dieu en Jésus.
-Ecoutons : -Le temps de la Parole :
-Notre Dieu est un Dieu qui parle affirme le peuple
de Dieu, à l’opposé des ‘idoles qui ont une bouche mais ne parlent pas’ (psaume
115-5). Notre Dieu est un Dieu qui nous a tout dit en son Fils. Laissons bercer par le Prologue de Jean.
-1 Au commencement
était le Verbe
et le Verbe était auprès de
Dieu (Affirmation de la foi le
Verbe est Dieu lui-même)
et le Verbe était Dieu
Le
Verbe, c’est la Parole créatrice, le donneur de vie,
-3 Tout fût par
Lui
et sans Lui rien ne fût
ce qui fut en Lui était la
Vie !
Le
Verbe, c’est la Parole Illuminatrice qui peut dissiper les ténèbres
-4-5 La Vie était la
lumière des hommes
et la lumière luit dans les
ténèbres
et les ténèbres ne l’ont pas
comprise.
Et
finalement le Verbe est entré ouvertement dans l’histoire en se faisant chair ;
Il est alors devenu pour les hommes objet d’ expérience
concrète,
-14 et le Verbe s’est fait
chair
et Il a habité
parmi-nous
et nous
avons contemplé sa gloire
Il
a comme Fils unique, fait connaître aux hommes le Père.
-14-16-17 Fils unique plein de grâce et
de vérité. Il a
introduit en ce monde la grâce et la vérité qui sauvent.
Cette
Parole nous donne la Parole, Elle nous invite à confesser la foi, Elle relie à
l’universel, à l’humanité, à l’Eglise.
-Célébrons : -Tu es béni, Toi qui nous donne ce pain, ce vin , ‘la
Vie’
Il
s’agit là de reconnaître le :Qu’as-tu
que tu n’ai reçu !C’est être remis devant notre vie de créature
recevant tout de son Créateur
C’est
le temps de reconnaître le don pour faire monter la reconnaissance Tu est
béni…
Ce
pain, don de la terre et du travail des hommes. C’est toute l’histoire de l’homme
qui est appelé devenir ‘Corps du Christ’ ; ce pain nous te le
présentons, il deviendra le pain de vie. Le Christ divinise ce
que l’homme a transformé en accomplissant sa tâche humaine. Et ce vin source de
joie et de combien de dépendances ? Que de poids dans cette
offrande !
Prenez,
mangez et buvez ‘
une nourriture ; sacrement du Christ qui se donne en nourriture aux hommes
pour les transformer en Lui-même.
Ceci
est mon corps ‘présence’. Le Christ au
cours de l’Eucharistie est présent de différentes manières :
-Par
la communauté rassemblée (lorsque deux ou trois sont réunis pour prier je suis
au milieu d’eux)
-Par
la Parole écoutée et partagée, par le frère, la sœur, par l’étranger (ce que
vous avez fait aux plus petits, c’est à Moi que vous l’avez fait)
-Par
son Corps offert en nourriture
Tous
ces aspects, sont signes de sa présence dans la foi.
-L’Eucharistie a un aspect personnel, une nourriture pour
chacun, mais aussi un aspect communautaire ; cette nourriture nous la
mangeons ensemble.
-Une
prière Eucharistique des premiers siècles disait : « De même que
ce pain que nous rompons, autrefois disséminé sur les collines, a été recueilli
pour n’en faire plus qu’un, qu’ainsi ton Eglise soit rassemblée des extrémité
de la terre dans Ton Royaume ! ».
L’Eucharistie n’est pas la consécration d’une fraternité déjà
réalisée, mais pourtant déjà là. Mais l’exigence à laquelle chacun est invité à
travailler.
-En
ce sens il est dit au moment de la communion « Heureux les invités au
repas du Seigneur… » suggérant qu’il ya des invités qui ne sont pas là, nous les portons, nous
les représentons.
-La
prière Eucharistique pour la Réconciliation insiste sur cette tâche humaine
désormais possible en Christ.
-Donne-nous dans ce repas ton
Esprit, qu’il fasse disparaître les causes de nos divisions…
Fais de ton Eglise en ce monde le
signe visible de l’unité et la servante de la paix…
Daigne rassembler un jour les
hommes de tous les pays, de toutes les langues, de toutes les races et de
toutes les
cultures au
banquet de Ton Royaume, alors nous pourrons célébrer l’unité enfin accomplie et
la paix définitivement
acquise, par
Jésus le Christ notre Seigneur.
-Allons :
-Deviens ce que tu reçois le corps du Christ.
St Justin ne parle pas de l’envoi de la communauté, mais il suggère de mener la
vie qui découle de la célébration.
-Les
Evêques de France à Lourdes en 1994 ont écrit :
On ne peut pas
prétendre partager le pain de Dieu, sans partager le pain des hommes dont on
dispose…
Les chrétiens,
réellement solidaires de l’aventure humaine, seraient infidèles à leur mission
et perdraient leur
crédibilité s’ils se
désintéressaient du développement authentique…
La
conclusion de ce point « Allons », je l’emprunte à la lettre
du Père Dufaux aux communautés chrétiennes du diocèse
de Grenoble en cette année de l’Eucharistie.
Voir
la lettre du Père Dufaux